Archive

Articles avec le mot clé ‘Rugby’

Grenoble aux manettes !

6 septembre 2009 Alexandre 1 commentaire

Les hommes de Fabrice Landreau poursuivent leur bonne entame dans cette ProD2. Ce samedi, ils sont venus à bout de Mont-de-Marsan (12-9). Une victoire qui permet d’y voir un peu plus clair sur le réel niveau des rouges et bleus.

Du côté grenoblois, on attendait ce match avec impatience. Un match un peu plus difficile sur le papier que le précédent face à Lannemezan (victoire 39-10). Pour cause, l’adversaire du jour n’est autre que Mont-de-Marsan, l’ancien pensionnaire de Top 14, récemment relégué de l’élite du rugby français. Match de début de saison oblige, la copie des protégés du président Chérèque n’a pas été parfaite mais l’essentiel est préservé.  Une victoire acquise dans une rencontre serrée de bout en bout et ayant trouvé son dénouement auprès des buteurs. Le premier à s’illustrer dans le domaine fut Yannick Lafforgues, l’ouvreur montois qui après une entame difficile de la part des grenoblois permettait à ses coéquipiers de mener par trois points d’avance (2′). La partie s’infiltrait alors dans un tunnel d’environ dix minutes, au parfum de combat physique entre avants et d’indiscipline récurrente côté grenoblois. Une indiscipline dont bénéficiaient les locaux en inscrivant à nouveau deux pénalités (9-3).

Des lacunes en touche

FAVORIS- À l'image de Gwendal Ollivier, le FCG a des arguments musclés pour l'accession en Top 14 (source : abcprojects.com)

FAVORIS- À l'image de Gwendal Ollivier, le FCG a des arguments musclés pour l'accession en Top 14 (source : abcprojects.com)

La deuxième moitié de la première période restera à l’avantage des hommes de Corrihons puisqu’après de belles phases de jeu, ils scoreront par l’intermédiaire du nouveau buteur maison, Damien Vidal (28′ 31′) qui portera le tableau d’affichage à 9-9 à la pause. Une première mi-temps gâchée par des lacunes sur les touches côté alpin. La deuxième période sera d’un tout autre scénario. Les grenoblois, appliqués en défense et portant le danger à maintes reprises dans le camp de montois perdus et brouillons dans leur jeu. « On est arrêté, les ballons sont trop longs à sortir, il n’y a pas de jeu, il n’y a rien. C’est nul. » confiait même Stéphane Prosper, le coach landais au micro de Sport+. Des problèmes dont le FCG profitera, avec cette pénalité obtenue à la 62ème sur une mêlée montoise,  dominée par le pac alpin. Les rouges et bleus prenaient alors l’avantage (12-9). Les isérois continuaient par la suite d’imposer un gros impact physique en défense face à une équipe de Mont-de-Marsan qui déjouera complètement durant sa fin de partie avec des imprécisions et une indiscipline à répétition. Le FCG n’en profitera malheureusement pas cette fois-ci, le pied de Pierre-Alexandre Dut, entré en jeu pour la seconde mi-temps, n’étant très certainement pas remis de la naissance de sa petite fille le week-end dernier.

Rien de grave à la clé et de bonnes choses en perspective pour Grenoble qui conforte donc sa place de leader avec neuf points, avant le match des narbonnais à Lannemezan. Une victoire grenobloise qui soude on ne peut plus un groupe qui à l’image de Fabrice Landreau, en pleurs à la fin de la partie, semble tout faire pour décrocher son ticket pour le Top 14. Et surtout, en avoir les arguments. Bon vent ! A.M.

Mots-clefs :, ,

« Quand les hommes surpassent l’argent », ça s’appelle Bourgoin…

30 août 2009 Alexandre 1 commentaire

Il y a des moments comme ça dans le sport. Où vous vous dites que rien ne remplacera l’homme et sa bravoure : ni la machine, ni l’argent. C’est le cas de Bourgoin, ce club de rugby essuyant depuis plusieurs mois les plus grandes difficultés à boucler son budget. Tout ça pour pouvoir boxer dans un monde que l’on appelle : « professionnalisme ».

HONNEUR- Bougoin, un club aux multiples ressources...humaines (source : sportstrategies.com)

HONNEUR- Bougoin, un club aux multiples ressources...humaines (source : sportstrategies.com)

C’est un club de rugby qui se bat depuis des mois face au nerf du rugby mondial de nos jours : l’argent. Il leur manque 2 millions d’euros ! Pas une mince à trouver lorsqu’on est pas le plus huppé des clubs de l’hexagone et que les petites âmes qui peuplent votre ville s’élèvent à seulement 25 000. L’espoir arrivait alors au début du mois d’Août en la personne d’Olivier Ginon et GL Events, une entreprise du lyonnais déjà actionnaire du LOU. L’avenir ciel et grenat s’éclairciçait alors à une seule condition, la possible fusion avec le voisin lyonnais. Puis la girouette tourna et mercredi, l’entreprise lyonnaise renonçait au rachat. « On ne joue pas avec les nerfs d’un club et de tout un peuple » est la phrase qui rimerait le plus avec le fonctionnement irrespectueux d’Olivier Ginon et sa société. Et voilà que les visages berjalliens se fermaient à nouveau. Ce fut alors le trou noir, le désert, une situation sans issue qui s’offrait au CSBJ avec toutes les mauvaises pensées qui en découlent comme une descente imminente en ProD2 si ce n’est plus bas. Et non, rien d’irrationnel à penser cela quand on sait qu’à cause de ces problèmes d’argent, c’est 14 licences qui sont au frigo en attendant le « messie ».

Puis ils ont tendu la main…les mains

Et c’est une situation des plus critiques dont on ne voit plus le bout qui s’installait alors en terre iséroise. Jusqu’à un beau jour d’août où comme un seul homme après avoir pris connaissance depuis des jours de l’importance de sauver un club au bord du gouffre. Ils l’ont fait en s’asseyant dessus. Sur quoi ? Sur celui qui manque tant…l’argent. Ils décident donc de laisser partir un petit peu de pécule mensuel (18%) de leur porte-monnaie pour garnir celui de leur club. Une entité dans laquelle ils jouent pour le rugby et pas pour l’argent. C’est alors qu’on se dit qu’à Bourgoin, le cas est singulier. Mais à Bourgoin on est surtout dans le « vrai » rugby, celui où le joueur fait pour le club avant que ce dernier face pour lui. Et ça c’est quelque chose qui se perd dans le monde de l’ovalie.

C’est alors que « les hommes surpassèrent l’argent »

Puis c’est Biarritz qui se profilait. Un match des plus difficiles à préparer dans une situation extra-sportive de la sorte. Mais au CSBJ, on se serre les coudes comme lorsqu’on veut sauver la petite école de son village, oui Bourgoin c’est comme un village…Et dans ce village, il y a des hommes qui jouent au rugby, c’est leur métier et ils ont du boulot ce samedi. Tous ensemble comme un seul homme, une seule âme, emplie de fierté, ils l’ont fait. Dans ce combat mené de bout en bout, c’est la première victoire de leur périlleux début de championnat, qui s’est invitée à Pierre Rajon (22-17). C’est alors qu’un jeune blogueur a décidé de rendre hommage à une équipe qui le mérite amplement, ce blogueur c’était moi et cette équipe c’était Bourgoin. Et dans quelques années, on chuchotera aux oreilles des jeunes berjalliens : « Quand les hommes surpassent l’argent », ça s’appelle Bourgoin…

Alexandre MOGNOL

Mots-clefs :, , , ,

Interview de Bernard Laporte

25 août 2009 Alexandre 7 commentaires

Hier, autour d’un verre à Paris, Bernard Laporte a bien voulu répondre pour Le Papier Sport, à quelques questions sur les divers évènements qui font l’actualité du rugby mais aussi la sienne.

Bernard et A.M.

Bernard et A.M.

Salut Bernard, as-tu suivi le début du Top 14 ?

Oui bien sûr, j’étais d’ailleurs vendredi à Saint Sébastien pour assister à Bayonne-Stade Français.

Justement à propos de ce match, quel est ton sentiment ?

J’ai vu une bonne équipe de Bayonne, qui a su profiter des failles parisiennes, dans un contexte qui les a très certainement surmotivé et leur a permis de remporter cette rencontre. Un Stade Français qui pour moi a fait preuve de beaucoup trop d’indiscipline dans le jeu, ce qui leur a couté très cher. Surtout qu’en face Arrayet le buteur bayonnais n’a pas laissé filer la chance de mettre à l’abri ses coéquipiers. Le constat est là Arrayet a mis 18 des 38 points de son équipe. Mais sincèrement, Paris a été trop brouillon notamment à la fin où ils peuvent égaliser mais se font contrer et prennent l’essai du KO derrière. C’est dommage pour eux. Et une réussite pour l’Aviron pour son premier match délocalisé à l’étranger (NDLR : à Anoeta).

Ces matchs délocalisés, c’est bien pour le rugby français…

Oui c’est une pratique qui devient de plus en plus courante et qui comme tu dis est positive pour le rugby français et les clubs du Top 14. C’est d’ailleurs Max Guazzini qui a banalisé le concept avec de nombreux matchs de coupe d’Europe délocalisés au Parc des Princes dans un premier temps et puis des rencontres de championnats au Stade de France par la suite. Ces évènements permettent aux clubs de grandir et de se refaire une santé d’un point de vue comptable. C’est de plus une bonne chose pour le rugby français qui évolue et s’exporte dans des pays un peu moins portés sur le ballon ovale, comme l’Espagne. J’attends d’ailleurs avec impatience le derby Biarritz-Bayonne qui se jouera au même endroit. Et pourquoi pas un jour voir jouer Perpignan au Nou Camp à Barcelone. (sourire)

Pour en revenir au Top 14, Toulouse a été impressionnant face à Brive avec ce terrible 38 à 0…

Toulouse reste fidèle à lui-même, c’est un grand club et ça dure depuis des années. Tant sur le point de son équipe pro mais aussi de sa formation, c’est une bonne école. Quand on les observe face à Brive, ils ont été impressionnant en imposant un gros impact physique aux brivistes. Je retiens surtout leur aisance dans les lignes arrières avec un réservoir important de joueurs de qualité comme Yann David ou encore Picamoles qu’intègre Novès petit à petit. Et face à Brive, c’est surtout ce qui a été leur point fort et leur a permis de dominer les débats. Il faudra donc compter sur eux cette année pour les phases finales.

Et sinon, as-tu suivi les problèmes que rencontre Bourgoin ?

Oui je les ai suivis un peu de loin mais je connaissais le problème avant. Je sais que Bourgoin éprouvait des difficultés de financement et qu’il attendait une subvention de la part du Conseil Régional. J’ai aussi appris dernièrement l’arrivée d’Olivier Ginon qui reste plus fiable en terme d’investissement.

Que t’inspire donc l’arrivée de cette homme déjà impliqué au LOU ?

Je pense que sa venue sera positive pour le club berjallien qui va à terme faire plus qu’un avec Lyon. J’ai toujours soutenu cette idée d’un gros club en Rhône-Alpes et notamment d’une fusion Bourgoin-Lyon. À l’époque nous en avions longuement parlé avec le président de Bourgoin, je lui avais d’ailleurs clairement dit qu’il n’aurait pas les subventions de la région pour son club. Le CSBJ ne m’avait pas cru au début et puis finalement aujourd’hui, la difficulté est là. Dans un futur proche, je crois sincèrement qu’il est possible de faire quelque chose de bien dans le Rhône-Alpes, la région bénéficie d’un fort potentiel rugbystique et si tous ces clubs se regroupaient en une entité unique, ils pourraient sans aucun doute rivaliser avec les plus grands.

Sur un point de vue personnel, ton passage au gouvernement a-t-il changé quelque chose dans ta vie ?

Non pas spécialement mais ça m’a permis de voir un milieu différent de celui que je connaissais jusqu’ici. J’ai pu rencontrer des gens de qualité que j’ai beaucoup apprécié. Mais en même temps j’en ai rencontré d’autres qui m’ont moins plu du point de vue humain. Dans l’ensemble je garde un très bon souvenir de ces deux ans environ au ministère des sports.

Ta non reconduction après le remaniement de juin t’a-t-elle déçu ?

Non, même si je l’ai apprise au dernier moment, ça reste de toute façon une décision purement politique et non sur une mésentente avec le président. Je l’ai comprise dès le début et bien acceptée. Comme je t’ai dit précédemment c’est une expérience que j’ai apprécié et je savais dans tous les cas que ça prendrait fin un jour. Maintenant je vais passer à autre chose.

Avec ce poste au sein du Stade Français…

Oui entre autre avec dès septembre un rôle au sein du conseil d’administration. J’ai vécu des moments uniques avec ce club et je l’aime beaucoup. Max Guazzini est d’ailleurs mon ami et je lui rends service.

(Interview réalisée avant le refus de GL Events pour le rachat du club berjallien)

Propos recueillis par Alexandre MOGNOL