La terreur dure depuis cinq mois environ et ces quatorze victoires consécutives. Tous les samedis ou dimanches soirs c’est les mêmes symptômes, « puissance, efficacité, régularité » sont les trois mots qui raisonnent dans nos têtes. Le facteur explicatif ? Tout simplement Bordeaux. Et le dernier match ne contredira pas le diagnostic. Pour cause, une dérouillée claire, nette et précise infligée à des niçois dépassés (4-0). Mais que se passe-t-il de plus en Gironde qu’ailleurs ? Quels sont les facteurs de cette réussite sans précédent ? Éléments de réponse.

Gourcuff ou la pièce maîtresse du groupe (source : msn.com)
L’ascension vers les prémices d’une quintessence recherchée côté bordelais, s’est développée il y a trois ans. En 2007, Triaud offre le premier poste en tant qu’entraineur à Laurent Blanc. Pari risqué pour le président bordelais, très critiqué sur ce choix qui se révèlera juste par la suite. À premier exercice, premier bilan, les bordelais termineront 2e du championnat de France, derrière un Lyon puissant (à ce moment là). Puis la saison 2008/2009 jouera un rôle déclencheur pour les girondins. Une saison qui voit arriver en Aquitaine un jeune français, exilé à Milan jusqu’ici : Yoann Gourcuff. Malgré un début de championnat compliqué, les marines et blanc termineront champions, devant Marseille et Lyon. Au terme d’une lutte acharnée et serrée pour le titre suprême. Une coupe de la ligue glanée avec succès au dépend de vannetais méritants, viendra couronner le tout. Les bordelais changent alors littéralement de statut et abordent une saison 2009/2010 avec la casquette de grand favoris.
Un effectif stable
Bordeaux tient sa place et son rôle de locomotive d’un championnat français en nette progression. Ils sont seuls en tête avec trois victoires en autant de journées. De plus ils possèdent la meilleure attaque avec 11 buts inscrits. Un constat que l’on pourrait qualifier de « coup parfait ». Pour mener à bien son plan diabolique, Bordeaux compte sur son collectif attrayant, ce dernier resté stable durant le mercato, et nourrit que très peu par de nouveaux visages. Les dirigeants girondins auront donc simplement complété un effectif riche et soudé. Les nouveaux noms ? Plasil, Carrasso, Ciani. Des bordelais ayant enregistré aussi la signature voulu depuis des lustres, de la révélation de l’année : Gourcuff. Une enveloppe de transferts qui s’élèverait à environ 30 Millions d’euros. Une somme dépensée, bien plus modeste que celle de leurs concurrents olympiens. Et c’est bien sur ça que les dirigeants bordelais ont insisté, un recrutement modeste. Un mercato petits bras camouflé par Triaud et Blanc derrière de petits moyens. La raison la plus plausible serait réellement cette volonté de garder une cohésion de groupe en ne changeant que très peu ce dernier. Et les résultats ont suivi, avec dans un premier temps cette victoire en trophée des champions face à Guingamp (2-0). Un match très révélateur, avec une belle équipe bordelaise aux automatismes conservés. Cédric Rouquette (journaliste à l’Equipe) décriera même un Plasil quelque peu perdu au centre d’une équipe rôdée depuis longtemps. Une formation girondine où le collectif est une valeur que Laurent Blanc fait primer sur les individualités. Ces dernières qui malgré tout restent plus que correctes au sein des marines et blanc. Ce constat étant fait, il est donc assez enfantin de noter que Bordeaux possède une certaine longueur d’avance sur ses poursuivants. En d’autres mots, lorsque Laurent Blanc peaufinera la finition des phases de jeu maintes fois répéter, Didier Deschamp, lui, tentera doucement mais surement de faire avancer ses multiples individualités venus de divers mondes, sur le même chemin de conduite.
Un système de jeu
« On ne change pas une équipe qui gagne » est semble-t-il la parole la plus appropriée à la situation actuelle des bordelais. Mais c’est surtout sur son trio offensif (Wendel, Gourcuff et Chamakh) que l’artillerie lourde bordelaise a posé ses fondations. S’il y a bien deux joueurs que Chaban Delmas voulait revoir cette saison ce sont bien Chamakh et Gourcuff, qui semblent s’apprécier à merveille sur le terrain comme dans la vie de tous les jours. Et c’est aussi ça la force de Bordeaux. Les girondins c’est une bonne équipes de copains. Une formation qui peut aussi compter sur une solide défense avec notamment Ciani tout juste arrivé de Lorient mais aussi Henrique, qui à eux deux compenseront le départ de celui qu’on appelle le « traître » en Gironde : Souleymane Diawara. Une défense aux latéraux prometteurs à l’image de Trémoulinas rapidement intégré dans le groupe ainsi que le jeune Chalmé, intenable à droite. Une ligne défensive qui peut s’appuyer sur un de ses plus fidèles lieutenants : Alou Diarra, toujours très solide sur les ballons de récupération dans l’axe du terrain.Un groupe qui a donc le mérite d’être compact en vue des prochaines grosses échéances.
Un entraineur

Laurent le machouilleur (source rmc.fr)
Le premier « gros match » prendra place pour le quatrième round du championnat, contre Marseille. « Ah quand Lolo retrouvera DD… » Mais non, ne soyons pas nostalgiques, et tiens, parlons en de ce bonhomme, le machouilleur de touillettes ou l’auteur de « comment embrassez à la perfection le crâne de Barthez », appelez-le comme vous voulez. Un personnage qui depuis deux ans applique sa méthode au sein de l’équipe Girondine. Des victoires, quelques nuls, pas énormément de défaites, Blanc est aujourd’hui à coup sur un des meilleurs entraineurs de la ligue 1. Si Monsieur fait respecter sa loi et voit ses choix se transformer en victoire, il ne préfère pas se projeter vers l’avant. Lolo joue le titre ? Ah ça non, en tout cas pas dès les premières journées ! Enfin…c’est chaque fois la même musique. Modestie quand tu nous tiens…
Quoi qu’il en soit, comme on dit , le résultat est là, et bien là même. Et, match après match, ou plutôt victoire après victoire, Bordeaux devient de plus en plus l’homme à battre…
Qui pour battre le champion ?
Marseille a laissé ses premiers points lors de son déplacement à la Route de Lorient, Lyon quant à lui voit le jour d’un regain de forme. Présentation des deux plus gros concurrents du champion :
Marseille cherche ses repères

L'OM, candidat au titre (source : meilleurprix.fr)
Sur le papier c’est avec Lyon le plus important concurrent des bordelais. Mais dans le jeu, c’est sûrement celui qui aura le plus de mal à aligner victoires sur victoires en ce début de saison. Il faudra plus de trois matchs aux Marseillais pour trouver leurs automatismes, ceux qui permettent notamment de se mettre en jambes parfaitement dès le début d’un match. C’est ce qui a manqué aux hommes de Deschamps lors du match face à Rennes où Marseille a laissé ses premiers points. Dimanche prochain, il faudra affronter le champion, qui à priori part favoris. Dans un stade Vélodrome remis de blessure, qui devrait être plein a craquer pour les retrouvailles. Marseille pourra compter sur son attaquant Baky Koné, dont la blessure est elle aussi désormais effacée. En revanche, Lucho Gonzalez, la plus grosse en terme financier des recrues estivales olympiennes (24 millions d »euros) sera encore « trop juste » selon son entraîneur (NDLR: l’Argentin s’était blessé lors d’un match amical face à Saint Étienne cet été). Si les Marseillais partent gagnants sur un point, c’est grâce à son banc. Comme vous pourrez le voir à la fin de l’article, de nombreux fidèles de Chaban Delmas sont inquiets quant à la performance de leur banc. Si Gourcuff se blesse et devient indisponible, qui assurera l’intérim ? Il faut dire que dans ces domaines là, Marseille a de nombreuses ressources, ne serait ce que pour citer Morientes. En tout cas, le premier vrai dimanche soir de foot pourrait avoir un avant goût de tournant du championnat. Avec le duo Niang-Brandao en attaque, Marseille peut faire des ravages. Assez pour briser un collectif Bordelais plus que bien huilé ?
Le retour du « Grand Lyon »
Pendant sept ans, les pensionnaires de ligue 1 ont du se frotter au Roi Lyon. L’an passé, Puel qui venait tout droit de Lille, arrivait aux commandes de cette équipe qui une fois de plus commençait le championnat en tant que favoris. Un système de jeu trop défensif, des défaites inquiétantes et la série en cours lyonnaise, dominée par les sept titres consécutifs, prenait fin. Et

Gomis pourrait bien faire trembler les filets bordelais (source : OLWEB.fr)
pourtant, ce bon vieux Jean Michel Aulas gardait une pleine confiance en son entraineur… Le mercato d’été s’annonçait comme un nouveau cycle pour les Gones. Benzema et Juninho s’en allait, laissant place à Lisandro et Bastos. Pour couronner le tout, Puel donnait sa chance à Gomis auteur d’une bien piètre saison à Saint Étienne. Pour limiter les mauvaises performances coté gauche de Grosso, Aly Cissoko signait pour un peu plus de 15 millions d’euros. Des paris risqués au départ mais qui aujourd’hui semble réussis. Bastos confirme son potentiel, Lisandro en étonne plus d’un et gagne au fur et à mesure la totale confiance de Gerland, Gomis marque et Cissoko réalise des débuts prometteurs. Pjanic, dans l’ombre de Juninho la saison passée, voit le jour depuis le départ au Quatar du Brésilien. Le renouveau de Lyon est aussi dû au retour du 4-4-3 qui permet aux attaquants de s’exprimer un peu plus. Aujourd’hui, beaucoup se posent des questions quant à savoir qui de Marseille ou Lyon a plus d’armes pour rivaliser avec le champion en titre Bordelais. Les deux rédacteurs de ce papier, pense que Lyon est le mieux placé. Choix difficiles et les arguments qui nous font pencher du côté de Lyon sont infimes. Un peu plus de stabilité ainsi que d’expérience européenne. Les choix de Puel payeront-ils enfin ? Lisandro VS Chamakh, ça promet !
La saison ne vient que de commencer et le premier bilan est là : il faudra donc compter sur le FCGB. Une équipe dont la tâche restera quant même coriace tout au long de la compétition, face à des concurrents avides de points et de titres. Reste à savoir si les girondins vont enfin offrir à leurs supporters un parcours en ligue des champions digne de ce nom. Une compétition dans laquelle Bordeaux s’est très peu illustré et n’a pas encore réussi à passer le stade des matchs de poules…
Les supporters parlent :
« L’équipe reste dans la continuité de ses titres et succès qui lui donnent une confiance énorme. »
« Attention à ne pas s’enflammer car les trois premiers adversaires (Lens, Sochaux, Nice) ne sont pas de gros calibres. Le premier test sera le week-end prochain à Marseille où l’emporter serait un très gros coup. Et Bordeaux y va sans pression… »
« L’équipe joue bien, il y a du liant entre les lignes et surtout elle affiche une grande sérénité. »
« Il y a selon moi plusieurs sources de doutes : la première, c’est qu’on a une équipe type très forte, mais je ne sais pas ce que ça va donner si plusieurs joueurs se blessent. Il me semble qu’il manque un ou deux joueurs sur le banc. »
« Le premier vrai test, c’est dimanche contre l’OM. Si les Girondins font un résultat là bas, on devrait pouvoir compter sur eux jusqu’à la fin. Mais c’est très loin d’être gagné. »
« L’OM repart presque de zéro et va devoir subir son premier gros test dimanche prochain avec nettement moins de certitudes que son adversaire qui n’attend que ça pour enfoncer le clou. Si je devais me risquer à un pronostic, je dirai 3-1 pour Bordeaux. »
« Je dirai que Bordeaux a fait jusqu’à présent un début de saison parfait. La stabilité semble payée. S’ils gagnent ce match contre Marseille…ils gagneront énormément en confiance et commenceront à être vraiment craints par les autres clubs. »
« Dimanche le grand match OM-Bordeaux… malheureusement trop tôt pour l’OM. »
« Difficile d’émettre un pronostic. La tendance annonce Bordeaux comme vainqueur mais Marseille fait le boulot depuis le début, sans la fanfare des girondins, mais avec autant de professionnalisme. »
Albertine GROS (footballwrite.com) et Alexandre MOGNOL (lepapiersport.com)
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